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Biographie & bibliographie

Je crois que je ne serai jamais rien d’autre qu’une Guadeloupéenne. Une Guadeloupéenne à ma manière, qui parle peu créole, qui réside en partie à New York, qui a visité le monde… Mais au fond de moi, le lieu qui a fait ce que je suis, mes parents, mes souvenirs d’enfance, ont créé quelque chose que ne pourrai jamais modifier.
J’aime la Guadeloupe, le pays, la nature, les sons, les images. Je mourrai guadeloupéenne. Une Guadeloupéenne indépendantiste.

Maryse Condé

Biographie de Maryse Condé

Sommaire de la biogrpahie :

Bibliographie de Maryse Condé  ▸

Maryse Condé, née Marise Liliane Apolline Marcelle BOUCOLON à Pointe-à-Pitre, en 1937, est une écrivaine de renommée internationale, journaliste et professeure de littérature. Elle à toujours revendiqué le fait d’être « guadeloupéenne indépendantiste ». Auteure de plus de soixante romans et essais, de nombreuses pièces de théâtre, elle a reçu (entre autres prix littéraires) le prix Nobel de littérature alternatif en 2018.

L’enfance de Maryse Condé

Marise Liliane Apolline Marcelle BOUCOLON est la benjamine d’une fratrie de 8 enfants, dont deux sœurs : Ena BOUCOLON, l’aînée qui épousera Guy TIROLIEN en premières noces et Gillette BOUCOLON qui épousera un Guinéen nommé Jean Marie DEEN, fils d’un médecin de grande renommée au plan national.

Les parents de Maryse Condé : Auguste BOUCOLON et Jeanne QUIDAL

Son père Auguste BOUCOLON, tout d’abord instituteur, se lance par la suite, avec quelques amis dans la finance. Il est à l’initiative de la création d’une petite banque, la Caisse Coopérative des Prêts qui deviendra plus tard, la Banque Antillaise. L’occupation de cette fonction faisant état d’une relative aisance financière et d’une éducation au-delà de la moyenne des guadeloupéens à peine sortie de l’esclavage. La famille de Maryse CONDÉ sera au cours de ces années de petite enfance de Maryse CONDÉ considérée comme une famille respectable appartenant à la caste de « grands nègres » orientée en direction de l’excellence et  prête à prendre les rênes du pouvoir au départ des maitres. Sa mère Jeanne QUIDAL est l’une des premières enseignantes noires de sa génération ainsi que la première directrice noire de sa propre école de fille. Elle était très autoritaire et particulièrement soucieuse de garder son rang de femme cultivée. C’est ainsi qu’elle ne fréquentait presque personne. Cette attitude lui vaudra le qualificatif de femme hautaine et elle sera crainte par tout son entourage.

Le grand écart d’âge entre Maryse et sa fratrie, installe dès son jeune âge une distance avec ses frères et sœurs. Une distance qui la conduit à se plonger dans la littérature.  Elle développe très vite un sens aigu de la critique et son premier sujet de dérision sera sa mère. En effet, le portrait que Maryse dépeint de sa mère a eu la force de faire couler une larme à la principale intéressée.

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Maryse était une élève brillante. En 1953, bien avant les années du BUMIDOM, elle quitte la Guadeloupe afin de poursuivre ses études à Paris, au prestigieux lycée Fénelon, puis à la Sorbonne où elle fera une première année de préparation à l’école normale supérieure avant d’étudier l’anglais et d’obtenir une licence ès lettres modernes.

Cette période marque un tournant clé dans la vie de Maryse. C’est durant ces années qu’elle fut introduite pour la première fois aux thématiques de l’esclavage et de la colonisation.  Le père d’une de ses amies, alors professeur d’histoire à la Sorbonne, l’invite à lire Aimé Césaire (“Le cahier d’un retour au pays natal” et “Discours sur le colonialisme”). Maryse découvre ainsi tout un monde que ses parents avaient occulté. Elle comprit pourquoi il y avait des Noirs aux Antilles, elle découvrit ses liens avec l’Afrique et les mécanismes du système colonial. Elle se plonge ainsi dans les lectures des écrivains de la négritude, avec comme auteur majeur à ses yeux : Frantz Fanon.

En 1958, Maryse épouse Mamadou Condé, un comédien guinéen intèrprètant Archibald dans la première mise en scène de la pièce Les Nègres et Jean Genet.

Liste des événements

1961 >1969 • La période Africaine – Londres

En 1961, Maryse Condé rejoint Mamadou Condé à Conakry en Guinée pour enseigner le français au Collège Bellevue. C’est le début de sa découverte du continent africain, ponctuée de l’agrandissement de sa famille avec les naissances successives de Denis BOUCOLON en 1957, Sylvie Anne CONDÉ, en avril 1960, Aïcha CONDÉ en Mai 1961 et Leila Jeanne CONDÉ en mars 1963.

Maryse Condé et ses enfants : Aïcha, Denis, Leila Jeanne et Sylvie Anne.

En 1962, elle divorce de Mamadou Condé après 14 ans d’union. Maryse continue cependant de séjourner en Afrique avec ses 4 enfants sous le bras. Mère célibataire à la recherche de son identité sur le continent africain, elle sillonne la Guinée, le Ghana, la Côte d’ivoire, le Mali, le Niger. Ces expériences et découvertes inspireront l’ensemble de ses œuvres littéraires. Les romans les plus emblématiques inspirés de ses expériences en Afrique étant HEREMAKHONON, son premier roman signifiant « en attendant le Bonheur » écrit en 1976 et Une saison à RIHATA écrit par la suite en 1981.

En 1966, suspectée d’être une espionne au Ghana lors d’un coup d’Etat, elle est expulsée et décide ainsi de partir vivre à Londres avec ses enfants où elle travaille comme journaliste aux services Afrique de la BBC.

Maryse Condé avec ses collègues de la BBC en 1967.

Deux ans plus tard, elle rentre au Ghana pour notamment rejoindre un amant de l’époque mais en vain. En 1969, Maryse Condé déménage au Sénégal. Elle travaille d’abord comme traductrice avant d’être affectée au lycée Gaston-Berger de Kaolack dans le Sine Saloum. C’est dans cette ville qu’elle fait la rencontre d’un jeune britannique qui devient l’amour d’une vie : Richard Philcox, son deuxième mari et futur son traducteur. 

Malgré l’inspiration littéraire apportée par ces pérégrinations africaines, l’expérience de Maryse en Afrique s’apparente majoritairement plus à de la souffrance qu’à du bonheur. Ne parlant aucune langue et n’appartenant à aucune ethnie, Maryse se sent rejetée, loin de chez elle, étrangère parmi les africains qui ne la considère pas du tout comme l’une des leurs. Elle prend conscience que le concept de Négritude cher à Aimé Césaire n’est qu’un rêve ! D’ailleurs dans son roman autobiographique « la vie sans fard » publié en 2012 fait état d’une analyse amère et réaliste de ses années passées en Afrique.

1970 >1985 • Retour en France. La reconnaissance

De retour à Paris avec ses 4 enfants, elle enseigne dans plusieurs universités parisiennes notamment Paris VI et elle travaille en parallèle pour la revue Présence Africaine ou des journaux africains comme DEMAIN L’AFRIQUE. Elle s’occupe de l’organisation de colloques et de la rédaction d’articles, ce qui lui permet de rencontrer beaucoup de monde d’horizons divers.

Sous la direction du professeur René Étiemble, Maryse Condé rédige une thèse de troisième cycle de littérature ayant pour objet les stéréotypes des Noirs dans la culture antillaise. Cette thématique sera d’ailleurs la rhétorique de plusieurs de ses romans.

A Paris, Maryse Condé retrouve son beau-frère Guy TIROLIEN, qu’elle avait autrefois côtoyé en Afrique et pour qui elle vouait une grande admiration. Elle le considérait comme un mentor. Elle ne manquera pas, dès qu’elle en a l’occasion, de souligner l’importance et la qualité de l’œuvre de ce grand poète, originaire de Marie-Galante. Cette proximité avec Guy Tirolien, dont elle prit parti au moment de son divorce, favorisa un grand attachement de sa part à Marie Galante. Avec son soutien,  elle entame alors l’écriture de 2 pièces de théâtre.
La première inspirée de scènes de vie antillaise « Dieu nous l’a donné » en 1972, l’autre traitant de la situation politique en Afrique « mort de d’Ouléma d’Ajumako » en 1973. Le décès de  Guy TIROLIEN, le 3 aout 1988, l’affligera énormément.

En 1981, elle épouse le britannique Richard Philcox qu’elle a rencontré au Sénégal, lorsqu’elle enseignait dans un lycée de Kaolack. Il sera le traducteur en anglais de la plupart de ses futurs romans.

En 1984, Maryse Condé sort « Ségou», le roman qui la révèle au grand public et lui amène un succès incontestable.
Rédigé en 2 volumes « la Terre en miette » et « les Murailles de terre ». Ces romans historiques retracent la chute du royaume Bambara de Ségou, à travers le destin de trois frères. Traduits en 12 langues et vendus à plus de 300.000 exemplaires à l’époque!
La même année, Maryse Condé participe à l’émission débat « Apostrophe » avec Bernard Pivot pour parler de Ségou. L’ayant tellement contredit en public et lui donnant des leçons sur l’histoire du continent qu’il refusera de l’inviter à nouveau dans son émission.

A noter également que la sortie de Ségou fut une fois de plus l’occasion de prendre conscience de sa distance avec l’Afrique. En effet, dans ce livre traitant de la déportation des esclaves noirs sur le continent américain, elle avait décrit une scène d’amour entre deux esclaves sur les abords d’un bateau négrier. Cela lui a valu les critiques de ses collègues professeurs et des étudiants remontés à son encontre. Cet incident a causé à Maryse une profonde blessure car elle s’est sentie à nouveau, rejetée par les Africains.

1985 > 2004 • Entre États-Unis et Guadeloupe

En 1985, elle obtient une bourse pour enseigner à l’occidental Collège de Los Angeles. Elle y revendique sa créolité et son statut de femme caribéenne mais elle se heurte au communautarisme et est rejetée par les Afro-américains, n’ayant pas la même histoire et la même culture qu’eux…

En 1986, elle décide de rentrer en Guadeloupe et s’installe dans la commune de Petit-Bourg. Cette nouvelle vie sera une source d’inspiration pour d’autres romans tels « La Vie Scélérate » et «la traversée de la mangrove. Viendront ensuite « Moi Tituba, sorcière de Salem » qui sera récompensé. Lors de son séjour en Guadeloupe, elle écrira aussi de nombreux ouvrages pour la jeunesse : La courbe du Joliba, Hugo le terrible, Rêves Amers, comme si elle voulait établir un dialogue de proximité avec la jeunesse…

De 1995 à 2005, elle effectue plusieurs séjours aux États Unis en qualité de d’enseignante. Elle a occupé des postes à l’Université de Californie à Berkeley, à l’Université de Virginie et à Harvard avant d’accepter de devenir professeure à l’Université de Columbia à New York City en 1995. Avant de prendre sa retraite de cette institution prestigieuse en 2004, Maryse Condé a été directrice de son Centre des Études Françaises et Francophones de 1997 à 2002.

2007 > Aujourd’hui • De Paris à Gordes

En 2007, Maryse Condé quitte une nouvelle fois la Guadeloupe afin de se rapprocher de ses enfants. Elle réside à Paris durant quelques années.

En 2006, l’histoire de sa mère et sa grand-mère est contée dans le récit “Victoire, les saveurs et les mots”reçoit le Prix Tropiques. En 2013,  Son mari et elle finissent par s’installer dans le petit village de Gordes (Vaucluse)

En 2015, elle est sélectionnée pour le Man Booker International Prize à Londres et est promue Officier de la Légion d’Honneur.

En 2017, elle publie “ le Fabuleux et triste destin d’Ivan et Ivana”

En octobre 2018 sa prolifique carrière est couronnée par le New Academy Prize à Stockholm qui remplace cette année-là le Prix Nobel de Littérature. Cette distinction fut un grand moment d’émotion pour Maryse qui retourna spécialement porté ce prix en Guadeloupe, son île natale. Le 23 décembre 2018, un hommage lui est rendu par la Région Guadeloupe sous la présidence de Ary Chalus au Mémorial ACTe.

« Enfin, la voix de mon pays se fait entendre : une voix qui n'est pas celle d'un département français mais qui n'est pas africaine non plus »

Maryse Condé - Interview Le Point.

Maryse confie également une anecdote qui lui est chère :  Quand j’avais 10 ou 12 ans, une amie de ma mère m’a offert un livre pour mon anniversaire. L’auteur du livre s’appelait Emily Brontë, le livre « Les Hauts de Hurlevent ». En Guadeloupe, où je vivais, personne n’en avait entendu parler. Mais dès que j’ai lu quelques pages, c’était pour moi qu’il avait été écrit. […] Le lendemain, j’ai couru chez l’amie de ma mère pour la remercier de son cadeau et lui décrire l’effet qu’il avait produit en moi. Naïvement j’ai ajouté : « Un jour, tu verras, moi-aussi je deviendrai un écrivain ». Elle m’a regardé avec un peu de tristesse : « Tu es folle ? Les gens comme nous n’écrivent pas ! » Grâce à ce prix, je réalise qu’elle s’est trompée.

En 2020, Maryse Condé est décorée Grand-Croix de l’Ordre National du Mérite en 2020 par le Président de la République Française, Emmanuel Macron. Une récompense qui fait d’elle “l’indépendantiste la plus décorée de la république” s’est amusé à préciser l’assemblée.

Aujourd’hui Maryse réside encore à Gordes. Elle profite de cette région qui se révèle culturellement beaucoup plus riche et active qu’elle ne l’avait imaginé. Et bien sûr, la voix de cette plume ne cesse de souffler.. en 2021, elle publie “L’évangile du nouveau monde”, un roman inspiré de la Bible, qui devrait être, comme le précédent, et celui d’avant, son dernier roman.

Je pense que si j'avais eu à choisir j'aurais aimé être musicienne ou faire des paroles pour un chanteur, comme ce n'est pas le cas, je crois que dans les romans j'essaie de mettre cette dimension de parole musicale, comme les paroles d'une chanson...

Maryse Condé

Les actions de Maryse Condé

Maryse Condé est aussi désignée pour présider le Comité pour la mémoire de l’esclavage créé en janvier 2004 pour l’application de la loi TAUBIRA. Ce comité œuvrera pour que la traite et l’esclavage soit reconnus comme crimes contre l’humanité.

C’est sur sa proposition que le président Jacques Chirac fixera au 10 mai la Journée de commémoration de l’esclavage.  Cette journée sera célébrée pour la première fois en 2006.

 

Prix, hommages et distinctions

Les œuvres de Maryse CONDÉ compte plus de soixante romans. Dès 1987 Maryse Condé est récompensée pour ses œuvres et reçoit de nombreux prix, honneurs et distinctions. Elle sera récompensée pour plusieurs de ses œuvres dont les principales sont Ségou (1985), Tituba, sorcière de Salem » qui remporte le grand prix de la Femme en 1986,

  • « La vie scélérate» écrit en 1987, qui remporte le prix de l’Académie Française en 1988 ;
  • Prix Puterbaugh pour l’ensemble de son œuvre en 1993 ;
  • « Désirade» qui remporte le prix Carbet de la Caraïbe en1997 ;
  • « Le cœur à rire et à pleurer », remporte le prix Marguerite Yourcenar en 1999 ;
  • « Victoire, des saveurs et des mots »remporte le prix Tropiques, en 2007.

L’université de Columbia fera d’elle un professeur émérite.

Le 20 mars 2013, elle se voit décerner le Prix spécial de la Francophonie 2013 « pour sa contribution au rayonnement de la Francophonie à travers l’ensemble de ses œuvres ».

En 2015, le CIFORDOM a accolé le nom de Maryse Condé au prix littéraire FET ‘KAN. L’initiative vient de son ami antillais de lutte, José PENTOSCROPE qui a beaucoup d’admiration pour elle qui voudrait créer un prix pour le public caribéen et discerné par un jury composé de spécialistes afro caribéen. Cette Association qui a présent 40 ans d’existence s’est forgée un chemin est devenu un must de la littérature. Elle tient ses rencontres une fois par an au Café de Flore haut de rencontres des écrivains comme Jean Paul Sarte et Simone de Beauvoir.

A titre personnel Maryse Condé est aussi honorée à maintes reprises. Elle est successivement élevée au rang de

      • Commandeur de l’ordre des Arts et Lettres en 2001,
      • Commandeur de l’ordre national du mérite en 2007
      • Grand officier de l’ordre national de la légion d’Honneur en 2014.

Mais la consécration suprême viendra avec l’obtention du prix Nobel Alternatif de la littérature en 2018
L’unique collège à la
Désirade
, berceau de sa famille, porte son nom depuis décembre 2012. En effet, c’est à l’issue d’un scandale encore sexuel que le prix Nobel ne pouvait être décerné et un groupe de femme se sont réunies pour organiser le processus et cela a été fait de manière très démocratique car l’avis de plus de 300 libraires et spécialistes de littérature a été sollicité. Maryse Condé a vraiment adoré ce prix taillé à son image décerné dans des conditions hors normes mais tout en respectant un large processus participatif.

En juin 2021, elle obtiendra le prestigieux prix mondial Cino-Del-Duca de l’Institut de France. C’est le prix littéraire le mieux doté du monde après le Nobel de littérature. Le « prix mondial Cinco Del Duca » est destiné à récompenser et à mieux faire connaître les auteurs français ou étrangers dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message d’humanisme moderne.

Affaiblie par la maladie, Maryse CONDE n’a pas pu respecter l’annonce faite depuis 2015 sur sa retraite et la cessation de sa fonction d’écrivain actif. Elle a publié une série de romans : Mets et merveilles, l’Étrange Destin de Ivan et Ivana et l’Évangile du Nouveau Monde.

Courant novembre 2022, le MUCEUM de Marseille a organisé deux journées carte blanche, le vendredi 26 et samedi 27 nombre 2022 pour couronner son œuvre.

Liens

◼︎  5 Questions à Maryse Condé  pour ile-en-ile.org
Entretien réalisé par Giscard Bouchotte à Paris en 2009. (18 min)

0:01 – Mes influences
3:58 – Mon quartier
7:42 – Mon enfance
11:15 – Mon œuvre
16:28 – L’insularité


◼︎ Maryse Condé interviewer par Bernard Pivot dans « Apostrophes » en 1984 sur le thème « Autres lieux autres mœurs »

  Voir l’émission sur le site de l’INA
(sur abonnement, 1er mois gratuit) ►



◼︎  Entretien dans l’émission « Agora » de France Culture en 1987. Maryse Condé y parle de son roman « Moi, Tituba, sorcière de Salem », de son rapport à l’Afrique, aux Antilles, de la langue créole et des problèmes qu’elle pose aux féministes… (34 min)

Écouter l’émission


◼︎ « Magnifique, Maryse Condé »
Maryse est interviewer par Laure Adler dans « L’heure bleue » sur France inter en 2018, après avoir reçu le prix Nobel Alternatif.  (54 min)

Écouter l’émission



◼︎  Interview de Maryse Condé par Yasmine Chouaki, pour son émission « En Sol Majeur » du 9 septembre 2010, sur RFI, radio où Maryse Condé fut elle-même journaliste dans les années 80. (19 et 26 min)

Écouter l’émission :   1re partie ►   |   2e partie ►

Je n’ai pas tellement envie de faire des mélos, des trucs avec des gros sentiments, [...] c'est une grande discipline, ne pas se laisser aller aux sentiments

Maryse Condé

Bibliographie de Maryse Condé




Romans

◼︎ Hérémakhonon (1976).
◼︎ Stéréotype du noir dans la littérature antillaise : Guadeloupe-Martinique(1976).
◼︎ La Civilisation du bossale : réflexions sur la littérature orale de la Guadeloupe et de la Martinique (1978).
◼︎ La Parole des femmes [Texte imprimé] : essai sur les romancières des Antilles de langue française (1979).
◼︎ Une saison à Rihalta (1981).
◼︎ Ségou, tome 1 : Les Murailles de terre (1984).
◼︎ Ségou, tome 2 : La Terre en miettes (1985).
◼︎ Pays mêlé, suive de Nanna-ya (1985)
◼︎ Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem (1986).
◼︎ Haïti chérie (1986), réédité sous le titre Rêves amers (2005).
◼︎ La Vie scélérate (1987).
◼︎ En attendant le bonheur (1988).
◼︎ Hugo le terrible (1989).
◼︎ Traversée de la mangrove (1989).
◼︎ Duet de voix pour Guy Tirolien, coécrit Alain Rutil.(1990) .
◼︎ Haïti chérie (1991).
◼︎ Les Derniers Rois mages (1992).
◼︎ La Colonie du Nouveau Monde (1993).
◼︎ La Migration des cœurs (1995).

◼︎ Desirada (1997).
◼︎ Hugo le terrible (1998).
◼︎ Le Cœur à rire et à pleurer : contes vrais de mon enfance (1999).
◼︎ Célanire cou-coupé: roman fantastique (2000).
◼︎ La Belle Créole (2001).
◼︎ Rêves amers (2001).
◼︎ La Planète Orbis (2002).
◼︎ Histoire de la femme cannibale (2005).
◼︎ À la courbe du Joliba (2006).
◼︎ Uliss et les Chiens (2006).
◼︎ Victoire, les saveurs et les mots : récit (2006).
◼︎ Comme deux frères (2007), adaptation dramatique.
◼︎ Les Belles Ténébreuses (2008).
◼︎ Chiens fous dans la brousse (2008).
◼︎ Savannah blues (2008).
◼︎ Conte cruel (2009).
◼︎ la montée des eaux (2010).
◼︎ La Vie sans fards (2012).
◼︎ La Belle et la Bête : une version guadeloupéenne (2013).
◼︎ Mets et Merveilles (2015).
◼︎ Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et d’Ivana (2017).
◼︎ L’évangile du nouveau monde (2021).




Théatre

◼︎ Dieu nous l’a donné, Pierre Jean Oswald, 1972.
◼︎ Mort d’Oluwémi d’Ajumako, Pierre Jean Oswald, Paris 1973.
◼︎ Le Morne de Massabielle, Théâtre des Hauts de Seine, Puteaux 1974.
◼︎ Pension les Alizés, Mercure, Paris 1988.
◼︎ An Tan Revolisyon, Conseil Régional, Guadeloupe 1989.

◼︎ Comédie d’amour, mis en scène au Théâtre Fontaine, Paris, juillet 1993; New York, novembre 1993.
◼︎ Comme deux frères, Lansman, Paris 2007.
Allemand : Wie zwei Brüder, mis en scène en Guadeloupe, Martinique, France, États-Unis
◼︎ La Faute à la vie Lansman, Paris 2009.



Littérature Jeunesse

◼︎ Haïti chérie, Bayard, Paris 1991; nouveau titre : Rêves amers. Bayard Jeunesse, Paris 2001.
◼︎ Hugo le terrible, Sépia, Paris 1991.
en allemand : Hugo der Schreckliche, Berlin 1997.

◼︎ La Planète Orbis Jasor, Pointe-à-Pitre 2002.
◼︎  ︎À la Courbe du Joliba, Grasset-Jeunesse, Paris 2006.
◼︎ Conte cruel, Mémoire d’encrier, Montréal 2009.


Essais

◼︎ Pourquoi la Négritude ? Négritude ou Révolution. dans : Jeanne-Lydie Goré: Négritude africaine, négritude caraïbe. Éditions de la Francité, 1973, S. 150–154
◼︎ Négritude césairienne, négritude senghorienne, Revue de littérature comparée 3.4 (1974), p. 409–419
◼︎ La Civilisation du bossale; Réflexions sur la littérature orale de la Guadeloupe et de la Martinique., Harmattan, Paris 1978/ 2000.
◼︎ Profil d’une œuvre : Cahier d’un retour au pays natal, Hatier, Paris 1978.
◼︎ Propos sur l’identité culturelle. dans : Guy Michaud, Négritude: Traditions et développement. PUF, Paris 1978, p. 77–84.
◼︎ La parole des femmes : Essai sur des romancières des Antilles de langue française. l’Harmattan, Paris 1979.
◼︎ Notes sur un retour au pays natal. dans : Conjonction. 176 (supplément 1987), S. 7–23.
◼︎ Noir, C’est Noir (Vorwort), dans : Regards Noirs. Harmattan, Paris 1996.

 

◼︎ Nèg pas bon, dans : Mythili Kaul (Hrsg.) Othello: New Essays by Black Writers. Howard University Press, Washington, D.C. 1997.
◼︎ Créolité without Creole Language, dans : Caribbean Creolization. University Press of Florida, Gainesville 1998.
◼︎ Unheard Voice : Suzanne Césaire and the Construct of a Caribbean Identity, dans : Adele Newson, Linda Strong-Leek (Hrsg.): Winds of Change: The Transforming Voices of Caribbean Women Writers and Scholars Peter Lang, New York 1998.
◼︎ O Brave New World, dans : Research in African Literatures 29.3 (Fall 1998), S. 1–8.
◼︎ Fous-t-en Depestre, Laisse dire Aragon., dans : The Romanic Review. 92.1-2 (January-March 2001), S. 177–185.
◼︎ Haïti dans l’imaginaire des Guadeloupéens. dans : Présence Africaine. 169 (2004), S. 131–136.
◼︎ The Stealers of Fire: The French-Speaking Writers of the Caribbean and Their Strategies of Liberation. dans : Journal of Black Studies. 35.2 (November 2004), S. 154–164.

Prix littéraires

◼︎ 1987- Grand prix littéraire de la Femme : prix Alain-Boucheron, pour Moi, Tituba sorcière. Noire de Salem.
◼︎ 1988- Prix Anaïs-Ségalasde l’Académie française, pour La Vie scélérate.
◼︎ 1988- Prix LiBeratur (Allemagne), pour Ségou : Les Murailles de terre.
◼︎ 1993- Prix Puterbaugh, pour l’ensemble de son œuvre.
◼︎ 1994- 50e grand prix littéraire des jeunes lecteurs de l’Île-de-France, pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem.
◼︎ 1997- Prix Carbet de la Caraïbe, pour Desirada.
◼︎ 1999- Prix Marguerite-Yourcenar, pour Le Cœur à rire et à pleurer.

◼︎ 2003- Grand prix Metropolis bleu.
◼︎ 2005- Hurston/Wright Legacy Award (catégorie fiction), pour Who Slashed Célanire’s Throat?.
◼︎ 2006- Certificat d’honneur Maurice Gagnondu Conseil international d’études francophones (CIEF).
◼︎ 2007- Prix Tropiques, pour Victoire, les saveurs et les mots.
◼︎ 2008- Trophée des arts afro-caribéens (catégorie fiction), pour Les Belles Ténébreuses.
◼︎ 2010- Grand prix du roman métis, pour En attendant la montée des eaux.
◼︎ 2018- Nouveau prix académique de littérature, institué par la « Nouvelle académie ».